Le Ball Trap est un sport pratiqué par plus de 23 000 personnes en France. Cette pratique des armes à feu sur cibles mouvantes, adoré par ses adeptes, est dans le collimateur des militants écologiques qui dénoncent l'impact négatif de cette pratique sur l'environnement et la santé.

Le Ball Trap, c'est quoi ?

Le Ball Trap consiste à utiliser des armes de chasse lisses pour tirer sur des plateaux d’argile. Le plateau classique en terre cuite, à l’origine noir, est devenu orange, mais il en existe aussi des blancs, bleus ou verts. Il doit avoir un diamètre de 110 mm et son poids ne doit pas dépasser 110 grammes. 

Un homme pratique le Ball Trap et tire sur un projectile avec son fusill

Les neuf épreuves les plus importants sont toutes différentes. Trois sont des épreuves olympiques, gérées par la Fédération Française de Tir :

– Fosse olympique
– Skeet olympique
– Double trap

Les six autres épreuves non olympiques, gérées par la Fédération Française de Ball Trap et de Tir à l’Arc (FFBT), sont : 

– La fosse universel (sujets de haut niveau jusqu’en 2003)
– Le Parcours (de chasse)
– Compak Sporting
– Euro Pit (DTL)
– Running Boar (le Sanglier Courant)
– Hélice

La discipline du Ball Trap est compétitive et se pratique sur des sites permanents appelés “stands”. C’est d’abord une activité de plein air qui peut être pratiquée à tout âge de 12/14 ans, et elle peut apporter de la diversité dans différentes matières tout en utilisant le même type de matériel pour la pratique.

Les compétitions sportives se déroulent uniquement sur les stands rattachés à l’association compétente qu’est la FFBT. Elle requiert en priorité les qualités suivantes :  

– Capacité de concentration
– Maîtrise de soi
– Condition physique irréprochable
– Et bien sûr une vision parfaite

Les impacts de la pratique du Ball Trap

Les impacts sur la santé

Malgré plusieurs mesures pour assurer la sécurité des tireurs, la pratique du Ball Trap est à l’origine de plusieurs problèmes de santé. En effet, le Ball Trap est une source de dégradation de l’audition qui est considéré plus grave que la dégradation causée par l’écoute de musique amplifiée à travers les écouteurs. C’est pourquoi le port de casque (protection auditive) lors de la pratique de Ball Trap est obligatoire afin de protéger l’oreille interne.

Aussi les pratiquant du Ball Trap sont exposés à des problèmes de vue puisque les grenailles engendre des débris de plomb accidentels qui peuvent toucher l’œil et causer des problèmes graves. C’est pourquoi le port de lunettes est obligatoire. 

Notons aussi que les tireurs réguliers s’exposent  à l’inhalation de petites quantités de plomb provenant de l’azoture de plomb de l’amorce de la cartouche.

Un impact écologique non négligeable

Cartouches de plomb pour les fusils

Le Ball Trap évoque la pratique de la chasse, mais aucun animal n’est tué. Cependant, des problèmes de pollution subsistent, notamment à cause de la présence de plomb dans les cartouches à grenailles des fusils. Ce plomb dispersé dans les terrains de Ball Trap est conséquent : plusieurs milliers de tonnes de plomb sont annuellement dispersés dans la nature par les chasseurs en France, selon une étude de l’Inserm datant de 1999.  

Le problème de la pollution au plomb liée à la pratique du Ball Trap est un sujet qui inquiète les militants écologiques depuis longtemps. Ces derniers font pressions sur les différents gouvernements afin d’obtenir des solutions et des actions légales pour contrer et réglementer la discipline sportive et ainsi réduire réduire les conséquences écologiques sur l’environnement local.

La pollution au plomb est dangereuse pour la faune et la flore locale, qui souffrent des conséquences d’un empoisonnement. L’élément est toxique, même à faible concentration. Il affecte la plupart des fonctions de l’organisme avec des effets négatifs sur la santé, la reproduction ou le comportement et peut conduire à la mort. La dangerosité du plomb réside aussi dans le fait qu’il peut se transmettre dans la chaîne alimentaire entière. Pour limiter les conséquences écologiques, les grenailles en plomb sont interdites pour les chasseurs. Mais l’exception est faite pour la pratique de Ball Trap.

Les résidus de plateaux sont aussi un problème, car certains animaux viennent parfois ingurgiter les morceaux de plateaux explosés. L’une des solutions est d’utiliser des plateaux biodégradables et donc sans danger pour les animaux et la flore.

La pratique du Ball Trap provoque aussi une pollution sonore pour la faune et le voisinage. Le bruits des armes à feu peuvent effrayer les animaux et déranger les voisins les plus proches du stand de tir.

Les solutions envisagées

Il existe des cartouches sans plombs ou des alternatives en acier qui restent beaucoup plus chères que les cartouches avec plomb. C’est pourquoi les pratiquants ne sont pas contraints de les utiliser. Les législations européennes imposent l’utilisation des grenailles à plomb. Toujours dans les alternatives, il existe aussi des Ball Trap « laser » mais cette pratique ne traduit par la sensation de recul du fusil.

Aussi, certains clubs recyclent leurs plateaux d’argile. Quand ces derniers ressortent entiers d’une session de tir, ils sont récupérés afin d’être utilisés sur les prochaines sessions jusqu’à qu’ils soient inutilisables.

De nouveaux plateaux biodégradables ont été conçus et sont moins dangereux envers la faune qui a tendance à ingurgiter les éclats. Aussi, des stands de Ball Trap mettent en place des bâches sur les buttes de terre qui aident à la récupération des grenailles en plomb afin de ne pas les laisser dans la nature. Le stand de Dubourdieu Cestas est un exemple de mise en place de bâches récupératrices. 

Le Ball Trap est un bon exemple de la volonté d’innover afin de répondre à des problématiques environnementales. Ecoutant ses détracteurs, les stands de tirs se sont adaptés en proposant des alternatives et des solutions viables. L’effort est à poursuivre pour préserver la faune et la flore près des stands. D’autres activités permettent de profiter de la nature sans impact significatif sur cette dernière, comme la randonnées dans les paysages martiniquais.

Marvin Hamama, Zeineb Khalladi et Anthony Ramos

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